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 Publié en novembre 2008 

 

1708 - Il y a 300 ans - Réotier « en a assez du Montdauphin »
 
Depuis 1693, la construction de la place forte de Montdauphin est en chantier. Les communautés sont constamment soumises aux prestations et fournitures diverses. Ils ont contraints de s’exécuter sinon on leur impose une brigade et parfois ils sont mis en prison. Les multiples déplacements, les corvées, les emprisonnements retardent les travaux des champs. Les Comptes consulaires nous révèlent la lassitude des habitants impuissants et désemparés. Extraits des Comptes consulaires de Réotier.    

 

Réotier - Bouffard

 
2 mai – Un sergent de Montdauphin réclame du bois, de l’huile et de la paille à fournir et à transporter jusqu’au pont de Saint-Clément – On dit : « non ».
29 juillet – Les consuls vont à Montdauphin « pour prier qu’on puisse ramasser notre récolte de blé »
3 août – Il faut voiturer de la farine d’Embrun à Briançon.
5 août – Ordre du Comte de Murel : Fournir 3 mulets pour voiturer autour de Briançon avec un muletier – On a vu Claude Pons, nommé pour conduire les mulets mais il n’a pas voulu. – On parcourt le pays pour trouver quelqu’un d’autre.
6 août – On doit faire marcher les mulets pour Briançon – Toujours personne.
8 août – Les grenadiers sont venus pour « faire marcher » ledit Pons qui, contraint, est parti le 9 – On a baillé à Claude Pons 8£ pour 8 jours et à Jean Eymar pour acheter des hardes pour l’équipage 9£ et 9 £ pour le foin.
2 septembre – On a fourni à Saint-Clément 40 rations de foin, 30 de grains pour le Régiment de passage.
4 septembre – Ordre de M. de Montheux, Commissaire des guerres, de fournir à Saint-Crépin 200 quintaux de foin le lendemain, plus 300 rations de foin et 8 de grains par jour. « Nous ne pouvons fournir que 2 jours »
6 septembre – Les consuls vont à Saint-Crépin pour recevoir le foin et porter le grain.
9 septembre – Un garde de M. d’Arteville est venu pour nous dire de porter à Guillestre, 150 bottes de paille et 30 charges de bois. Les consuls sont allés à Montdauphin pour voir le lieutenant du Roi et lui ont porté une paire de poulets pour obtenir un soulagement. En vain.
10 septembre – Ordre de fournir à Guillestre 20 quintaux de paille
22 septembre – Une brigade composée d’un brigadier et de 2 dragons du Régiment Dauphin est venue au présent lieu de Réotier parce que nous n’avons pas pu fournir le foin. (Ces brigades étaient logées et nourries par la population)
3 octobre – Ordre de M. de Villeterque de porter 300 rations de foin à Guillestre
7 octobre – Ordre de Garcin de fournir à Châteauroux 110 rations de foin – Nous n’avons pu et une brigade d’un sergent et de 2 grenadiers du Régiment de la Feuillade est venue au présent lieu
17 octobre – Nous sommes allés voir les consuls à Guillestre pour demander la suppression de la brigade faute d’avoir fourni le bois pour la cuisson du pain.
9 novembre – On fournit 12 hommes à Montdauphin
16 novembre – Ordre de fournir 400 rations de foin à Guillestre
22 novembre – On va à Saint-Clément sur ordre de M. de Villeterque, commissaire des guerres
24 novembre – Le Consul Lajard va à Gap pour présenter à M. l’Intendant tous les reçus du fourrage et grains que la Communauté a fourni durant la campagne et faire compte avec M. Bouffier. Mais, il faut aller à Briançon prier M. de Biloy, lieutenant général des armées, pour se faire payer.
8 décembre – Les consuls vont à Montdauphin pour remercier le lieutenant du Roi et lui offrent un mouton en cadeau.
22 décembre - Les Consuls vont à Embrun et offrent 2 moutons, l’un à Dalmas, seigneur de Réotier et l’autre au subdélégué Garcin.
 

 

 Publié en mars 2008

 Il y a 300 ans.

1 octobre 1708 - Ordonnance (de Mgr l'Archevêque d'Embrun) contre ceux et celles qui donnent retraite aux filles ou femmes dont ils savent la honteuse prostitution.

 
 Sur ce qui nous a été représenté par notre promoteur que la guerre a attiré sur ces frontières plusieurs personnes de l'autre sexe, d'une vie très déréglée, qui venant à être chassées de l'armée ou des garnisons, se retirent en différents lieux de ce diocèse pour y corrompre la jeunesse et y entretenir la débauche et le libertinage,
 

 

Ribaude

NOUS, désirant remédier à des désordres qui défigurent autant la sainteté de notre Religion qu'il sont d'ailleurs pernicieux à l'état ; voulant en même temps satisfaire à un de nos plus indispensables devoirs qui est de nous acquitter, avec toute la vivacité possible du serment de fidélité que nous avons eu l'honneur, dès le commencement de l'année soixante et dix, de prêter entre les mains de Sa Majesté, avons fait et faisons très expresse inhibition à tous nos diocésains de quelque qualité et condition qu'ils puissent être, de donner soit directement, soit indirectement retraite à aucune personne de l'autre sexe qu'ils sauront, en leur conscience, être d'une vie débordée et scandaleuse.
 
             Réservons a nous même, ou nos Vicaires Généraux, le pouvoir d'absoudre du violement d'une défense si juste, lequel est d'autant plus criminel qu'on expose par un intérêt sordide a la damnation éternelle quantité d'âmes rachetées du sang d'un Dieu homme sacrifié pour les hommes. Déclarons en conséquence nulle, hors le danger de mort, toute absolution qui serait accordée contre la teneur des présentes, et le confesseur, supposé qu'il ne puisse légitimement ignorer cette réserve, interdit ipso facto, de toutes fonctions ecclésiastiques, sans espérance de n’être jamais réhabilité.
 
            Recommandons a Mrs les Curés d'employer en notre nom leurs très humbles supplications auprès des puissances pour obtenir d'elles la prompte expulsion de ces (personnes) qui portent la corruption des mœurs partout ou elles habitent, connaissant comme nous faisons par une aussi heureuse que longue expérience le zèle ardent de la Cour contre les désordres si préjudiciables aux troupes et par conséquent au bien du service.
 
            Nous enjoignons aux Sieurs Curés de nous faire le détail de leurs pressantes et respectueuses sollicitations afin que si malheureusement elles deviennent inutiles, nous puissions, suivant le même serment, avoir recours dans une conjoncture plus importante qu'on ne peut imaginer, à l'autorité souveraine.
 
            Ordonnons au surplus qu'à la diligence de notre promoteur, la présente sera publiée pendant trois dimanches consécutifs au prône des messes paroissiales, communiquée aux supérieurs des maisons religieuses et affichée partout où besoin sera.
            Donné dans notre ville et notre Palais Archiépiscopal d'Embrun ce premier octobre mil sept cents huit.

            + Charles, Archevêque d'Ambrun.          

Origine : Archives de Saint-Crépin-GG-3                  

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 Publié en février 2008

Il y a 300 ans en janvier 1708                            

Les tribulations des habitants de Réotier avec leur seigneur 

 

Réotier-Eglise 

Réotier-Eglise 

Parmi les redevances des habitants envers les seigneurs, il y avait la « trayne des buous », c'est-à-dire l’obligation vers Noël de couper et traîner des arbres afin de constituer la réserve de bois du seigneur. Peu à peu au cours du temps cette coutume disparut dans la plupart des communautés ou fut remplacé par un impôt en nature. Mais à Réotier M. Dalmas, seigneur de Réotier, tenait à son privilège. Les habitants se fâchèrent.                   

Le 3 janvier 1708, les consuls vont à Embrun, mais n’ayant rien pu faire avec M. Dalmas, la population en assemblée générale décide de les envoyer à Grenoble « pour voir de quelle manière porter les reconnaissances pour avoir recours à M. l’Intendant ». Le 7 janvier, le consul Lajard retourne à Embrun, tandis que le consul Rivial part à Grenoble. Le 26 janvier, Rivial revient de Grenoble où il a dépensé 94 £15 sols, savoir aux commissaires aux Comptes de la Chambre des comptes 2 paires de perdrix 4£ et pour les écrits de reconnaissances ou vidimés du Commissaire général 24 £ 7 sols, à M. Jobert procureur 2 £ , au porteur de l’Intendant 1 £10 sols, à M. Bon, avocat 4 £, pour un arrêt 1 £, et la dépense de M. le prieur 24 £ et pour 17 jours à Grenoble à 28 sols par jour, 30 £. Beaucoup de peines pour peu de résultats. 

Le 8 février, les textes précisent « Depuis le premier on cherche à voir M. Dalmas, on lui a  donné un mouton … ». On cherche un compromis et le 12 février est encore écrit « Pour M. Dalmas, on retournera à Grenoble s’il le faut ». Finalement on lui propose une charge de bois par famille. Le 29 février, les consuls retournent à Embrun pour voir M. Dalmas et lui précisent que « la communauté ne veut plus donner du bois, mais veut donner seulement deux louis d’or afin de ne plus retourner à Grenoble, mais M. Dalmas ne les ayant pas voulu, il leur a dit de venir et qu’ils partiront pour Grenoble quand ils voudront ».
 
Chacun est donc resté sur ses positions et cela durera jusqu’à la vente du fief de Réotier par M. Dalmas en 1723.

 

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 Publié en décembre 2007

 

Novembre 1707                                                      

 

Saint Vincent de Paule receuillant des enfants abandonnés

Rapport du châtelain de Saint-Crépin concernant

l'abandon d'un enfant par une vivandière du Régiment de Gâtinais.

 Du 2 novembre 1707 a comparu, par devant nous Guillaume Court, châtelain du mandement de St Crépin, Antoine du Raffourt consul du lieu, lequel nous a déclaré qu’aujourd'hui à la pointe du jour Catherine et Suzanne du Raffourt veuves de Luc Brun et Reymond Eymar allant à la Chapelle des Pénitents pour y assister à l'office des morts elles trouvèrent une fille âgée d'environ six à sept mois exposée à la porte de l'église dudit lieu emmaillotée de langes et d'un drap laid fort grossier sur le visage de laquelle il y avait une coiffe de femme fort usée et sale, ensuite de quoi elles se transportèrent dans la maison du sieur consul pour lui en donner avis et au sieur curé du lieu, lequel déclara que c'était à la Communauté de pourvoir à la nourriture et à l'éducation dudit enfant. Le sieur consul, craignant les accidents qu'il pourrait arriver, lui fit d'abord donner le secours nécessaire et étant ensuite parti pour s'en aller à la foire de Guillestre, il apprit qu'une femme de Molines avait pris ladite fille d'une vivandière du Régiment de Gâtinais logé dans la vallée de Queyras et qu'elle l'avait nourrie pendant deux ou trois mois jusques à ce que son mari nommé Simon Garnier de Molines l'obligea par force de s'en décharger : pour cet effet elle envoya ladite fille par une servante accompagnée d'un homme de Molines laquelle porta l’enfant à Guillestre où elle s'arrêta deux ou trois jours, d'où elle partit le jour d'hier premier novembre et elle coucha la nuit du même jour avec ledit enfant à l'hameau du Cros de la paroisse d'Eygliers dans la maison de Margueritte Tolozan veuve de Jacques Massieye, laquelle lui ayant demandé où elle portait cet enfant ils répondirent qu'ils l'allaient remettre entre les mains d'un vivandier son père qui devait passer à Briançon ; cependant la fille et l’homme étant parti deux ou trois heures environ devant le jour sont venus exposer l’enfant à la porte de l'église de St Crépin, s'étant ensuite retirés de St Crépin avant que le jour parut, ils repassèrent par le hameau du Cros où étant découverts et interrogés par la veuve qu'est-ce qu'ils avaient fait de cet enfant répondit qu'elle l'avait remis à l'homme pour le remettre à son père. Le consul, instruit des démarches de la servante et de l’homme qui exposèrent l'enfant et de la vérité du fait ci dessus exposé, nous a requis au nom de la Communauté de St Crépin de dresser le présent verbal et de faire entendre les susnommés pour témoignage de la vérité lesquels ont déclaré avec serment tout ce qui a été ci dessus exposé être véritable aux présences de Barthélemy Durraffourt feu Pierre et de Jean Palluel feu Simon dudit St Crépin témoins requis soussignés.

Nous susdit Châtelain à la réquisition dudit Raffourt consul avons dressé et signé le présent verbal pour servir à ce que de Raison.  Suit la lettre d'Antoine Durraffourt adressée à la mère.

En voici quelques extraits : 

" Honnête Antoine Du Rafourt, consul ... remontre à la femme de Simon Garnier ... que vous étant chargé de la nourriture et éducation d'une fille qu'on dit être appelée Claire ... vous l'auriez exposée le second du présent mois à la porte de l'église de St Crépin, à la discrétion des animaux qui pourrait la dévorer, la porte du cimetière se trouvant ouverte ; comme cette exposition est criminelle, injurieuse et dispendieuse à la Communauté de St Crépin qui n'est nullement obligée de nourrir et élever cet enfant ... vous somme, requiert et interpelle de reprendre ladite fille ... il la remet à votre porte et vous charge de tous les accidents qui pourrait lui arriver et cependant il proteste contre vous du voyage exprès ... et vous charge de tous les dépens dommages et intérêts ... "

Cette lettre fut remise par Antoine Brun, huissier sergent royal du bailliage d'Embrun le 24 Novembre 1707

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 Publié en septembre 2007

 

 Otocobre 1707                                                      

Le Prix- Fait de la reconstruction de l’église de Guillestre

 

L' église de Guillestre

Monseigneur Rostain D’Ancézune, Archevêque d’Embrun et Seigneur de Guillestre (1494-1510) avait ordonné aux guillestrins d’agrandir leur église bien trop petite pour accueillir tous les fidèles. 

Mais les habitants n’avaient pas pu entreprendre les travaux nécessaires en raison de grandes difficultés financières dues à la pauvreté, à la disette et aux passages des troupes qui traversaient Guillestre particulièrement lors des guerres avec l’Italie. C’était probablement une source de souffrances et de misères pour la population qui devait loger, nourrir et entretenir l’infanterie et la cavalerie.

Enfin, en l’an 1507, le dimanche 20 juin après les vêpres, l’acte notarié est établi à Guillestre, sur la Place publique, devant l’église, par Jean Albert, notaire à Vars, en présence des consuls, des prévôts, des notables et de nombreux paroissiens réunis en assemblée.

Les travaux d’agrandissement et de reconstruction sont confiés par contrat aux entrepreneurs Maître Jean Gerbon et Pierre Brun d’Embrun d’après les plans de Maître Galléas. 

L’église sera consacrée le 15 novembre 1532 sous le titre de notre Dame D’Aquilon.

 

 Publié en mai 2007

 
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1 octobre 1708 - Ordonnance (de Mgr l'Archevêque d'Embrun) contre ceux et celles qui donnent retraite aux filles ou femmes dont ils savent la honteuse prostitution.

 
            Sur ce qui nous a été représenté par notre promoteur que la guerre a attiré sur ces frontières plusieurs personnes de l'autre sexe, d'une vie très déréglée, qui venant à être chassées de l'armée ou des garnisons, se retirent en différents lieux de ce diocèse pour y corrompre la jeunesse et y entretenir la débauche et le libertinage,
 
NOUS, désirant remédier à des désordres qui défigurent autant la sainteté de notre Religion qu'il sont d'ailleurs pernicieux à l'état ; voulant en même temps satisfaire à un de nos plus indispensables devoirs qui est de nous acquitter, avec toute la vivacité possible du serment de fidélité que nous avons eu l'honneur, dès le commencement de l'année soixante et dix, de prêter entre les mains de Sa Majesté, avons fait et faisons très expresse inhibition à tous nos diocésains de quelque qualité et condition qu'ils puissent être, de donner soit directement, soit indirectement retraite à aucune personne de l'autre sexe qu'ils sauront, en leur conscience, être d'une vie débordée et scandaleuse.
 
             Réservons a nous même, ou nos Vicaires Généraux, le pouvoir d'absoudre du violement d'une défense si juste, lequel est d'autant plus criminel qu'on expose par un intérêt sordide a la damnation éternelle quantité d'âmes rachetées du sang d'un Dieu homme sacrifié pour les hommes. Déclarons en conséquence nulle, hors le danger de mort, toute absolution qui serait accordée contre la teneur des présentes, et le confesseur, supposé qu'il ne puisse légitimement ignorer cette réserve, interdit ipso facto, de toutes fonctions ecclésiastiques, sans espérance de n’être jamais réhabilité.
 
            Recommandons a Mrs les Curés d'employer en notre nom leurs très humbles supplications auprès des puissances pour obtenir d'elles la prompte expulsion de ces (personnes) qui portent la corruption des mœurs partout ou elles habitent, connaissant comme nous faisons par une aussi heureuse que longue expérience le zèle ardent de la Cour contre les désordres si préjudiciables aux troupes et par conséquent au bien du service.
 
            Nous enjoignons aux Sieurs Curés de nous faire le détail de leurs pressantes et respectueuses sollicitations afin que si malheureusement elles deviennent inutiles, nous puissions, suivant le même serment, avoir recours dans une conjoncture plus importante qu'on ne peut imaginer, à l'autorité souveraine.
 
            Ordonnons au surplus qu'à la diligence de notre promoteur, la présente sera publiée pendant trois dimanches consécutifs au prône des messes paroissiales, communiquée aux supérieurs des maisons religieuses et affichée partout où besoin sera.
            Donné dans notre ville et notre Palais Archiépiscopal d'Embrun ce premier octobre mil sept cents huit.
            + Charles, Archevêque d'Ambrun.           Origine : Archives de Saint-Crépin-GG-3                  

 

 
 Il y a 300 ans - Fournir des vivres et des chevaux à l’armée

Le Guillestrois est situé sur la grande voie de circulation entre la France et l’Italie. Les communautés ont dû, lors des interminables guerres d’Italie, fournir aux armées de passage vivres et chevaux, à la demande et sans délai.

 

Le Maréchal de Tessé

 Dans l’été 1707, à Guillestre, les consuls exposent que, « dans cette conjoncture de guerre, il passe, presque tous les jours, des courriers qui vont ou viennent de Tournoux ou autres endroits, ayant ordre de se faire fournir des chevaux par notre communauté jusques à la prochaine poste, et comme dans le présent lieu il n'y a presque pas de chevaux, du moins qui soient propres pour la poste, et que, cependant, pour obéir aux ordres de nos supérieurs, il en faut avoir toujours de prêts, pour ne pas retarder le service du Roy », on « donnera le meilleur ordre qu'ils pourront, afin qu'il ne leur soit rien imputé ». Le 07 Juillet, ordre du Maréchal de Tessé, concernant la Bessée, Saint-Crépin, Saint-Clément, pour 4 chevaux le 10.

A Saint-Crépin, les consuls décident de prendre le cheval de Jean Chapin feu Jacques dudit lieu en louage pour fournir les postillons qui passent journellement. En effet, le 8 juillet 1707, arrive un ordre par M. de Dillon, de loger à Guillestre 6 bataillons le 10 et de 12 bataillons le 12.  Un autre ordre par le subdélégué Garcin, de répartir sur les communautés du département de Guillestre, 1.980 rations de foin, 1.170 bottes de paille, 468 charges de bois, pour les susdits bataillons. A Saint-Crépin on doit fournir 120 rations aux colonels et 100 aux autres, chacune de 16 livres, plus 26 charges de bois, 65 bottes de paille ...

 Les communautés disposent des certificats de logement à Guillestre par La Motte, «major du régiment de Brie », De Julien, « major du régiment de Bugey », Gaureau, « major du régiment Coronel de Boissieu », Du Claus, « major du bataillon, colonel du régiment de l'Isle de France ». Puis le 10 juillet  « 5 bataillons aux ordres de M. de Cadrieux qui arriveront le 13 ». On reçoit un avis par Garcin pour informer les consuls d'un « passage considérable d'infanterie ». Et le 6 septembre, une lettre de Cadrieu, annonçant l'arrivée à Guillestre de 4 bataillons venant « du camp de Tournoux », de Garcin, signalant l'arrivée du régiment du «Pont du Château », ce jour, à Guillestre. 

Il en sera de même tout l’été et, en septembre, Guillestre fait l’état de la dépense faite par la population « au campement de 17 régiments d'infanterie qui ont traversé, savoir: 5 venant de Queyras allant à Barcelonnette et depuis à Toulon, et 12 de Briançon, suivant la même route, le tout suivant les ordres de M. de Dillon»: régiment de Boissieu, d'Isle de France, de Brie, Bugey, Cotentin, et 24 bataillons divers, qui « ont coupé quantité de noyers et arbres fruitiers,... ravagé toute la campagne, enlevé une grande quantité de gerbes, ravagé leurs prés et jardins, enlevé les raisins de leurs vignes, noix et autres fruits, les haies et cloisons de leurs terres ». Plus de 6.000 £ de dégâts. Et de même, du 15 juin au 9 novembre par le régiment d'Albigeois, de Boissieu, Isle de France, Brie, Bugey, Tessé, Soissons, Forez, Cotentin, Gâtinais, etc…

Entre temps, le 28 juin, il a fallu fournir des «tonneaux» et du bois à Mont-Dauphin. Et pour Saint-Crépin, 2 tonneaux de vin de 30 charges, cerclés de fer et le 17 Juillet, 12 hommes bien armés d’un bon fusil et d’une épée, prêts à agir. Guillestre a dressé un «Etat des hommes qui sont propres à porter les armes, au nombre de 102 », des «armes et munitions de guerre», remises aux consuls et habitants : 50 fusils, 100 livres de poudre, 100 livres de plomb, 100 pierres à fusil, etc.

 

 Publié en mars  2007

Agenda - mars 1707                                                 

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 Il y a 300 ans, après l'invasion de 1692,  le Duc de Savoie impose aux communautés une contribution de guerre, véritable rançon ...

Duc de Savoie 

Le Duc de Savoie

Après l’invasion de 1692, Son Altesse Royale, le Duc de Savoie, impose aux communautés du Guillestrois et du Queyras, une contribution de guerre, véritable rançon. Pour se faire comprendre, de temps en temps, il fait piller un village, emporter un troupeau ou incendier une forêt. Les autorités ne savent pas quel parti prendre. Alternativement elles recommandent de céder ou de résister. Cette contribution ne se terminera qu’avec le Traité d’Utrecht en 1713. En 1712, les communautés du Guillestrois paieront encore 6692 £ aux Vaudois, c’est-à-dire aux Savoyards. Très difficile en cette période. Deux exemples à Guillestre et Saint-Crépin. 

Guillestre - 1707 - Février - Mars. Le Sieur Richard, de Château-Dauphin, annonce qu'il a remboursé au Sieur Resplandin 1.000 £, pour les deux derniers payements (3e et 4e) de la contribution de «l'année dernière » au duc de Savoie. Jean Droume est député pour aller remettre « audit Richard les susdits 33 louis d'or et 1 écu ».  Ordre du subdélégué de l'Intendant «portant défenses de payer aucune contribution à Son Altesse de Savoie, sous des grosses peines. Les consuls pensent « quil serait nécessaire d'aller demander permission à Mgr le maréchal de Tessé et Mgr l'Intendant, qui se trouvent à présent à Suse, pour continuer le payement de ladite contribution, et, qu'à défaut de ce, nous risquons de perdre entièrement nos bâtiments et bien-fonds, si les ennemis viennent à nous brûler nos bois, ce qui leur est beaucoup facile et de quoi ils nous ont menacés par toutes les demandes qu'ils nous ont fait faire de payer ladite contribution »

Saint-Crépin - « Par ces lettres nous vous faisons savoir que vous avez été plusieurs fois sommés de vous soumettre à payer la contribution à Son Altesse Royale, ce à quoi vous n'avez pas fait attention ... s'ils vous envoient quelques expéditions militaires ce sera de votre faute … ». Le subdélégué de l’Intendant.

- Etat de la dépense au sujet de la contribution payée aux Vaudois pour l'année 1707, 650 £ :

            - premièrement pour le traité de la contribution ... 400 £

            - pour don gratuit au Comte Ruffin, Commandant des vallées de Luzerne ... 50 £

            - pour le secrétaire ... 30 £

            - pour les peines pour venir recevoir l'argent ... 30 £

            - pour perte d'argent sur le change (en monnaie de Savoie) ... 50 £

            - pour la dépense faite par 2 députés pour aller traiter et pour leur voyage ... 60 £ "  

«  Je, soussigné, secrétaire et receveur de l'argent des contributions, député par Messieurs les officiers des vallées de Luzerne, approuvé de Son Altesse Royale, déclare d'avoir reçu de la Communauté de Saint-Crépin, par les mains de Monseigneur Mathieu Richard, ci devant châtelain de Château Dauphin, la somme de 250 £ de Piémont pour paiement du dernier quartier de la contribution au temps qui a été accordé aux dites communautés ... Fait à Saint-Jean le 4ème octobre 1707. »

 Publié en avril  2007

 Agenda - avril 2007                                          

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Il y a 200 ans … des histoires de cloches au bourg de Saint-Crépin.

 Remontons le temps. L’église fut consacrée le 16 août 1452. On ne connaît pas la date de la mise en place des premières cloches.

 

Les cloches de l'église de Saint-Crépin

Mais en 1645, les autorités firent fondre une cloche : « L'an 1645 et le 6ème jour du mois de novembre, à Sainct-Crespin, s'est constitué Me Raymond de Cruis, maître fondeur du lieu de Briançon, lequel … a pris a prix fait des consuls, assistés de leurs conseillers, de faire tout le travail d’une cloche d'environ quinze quintaux moyennant la somme de quarante livres dix sous, laquelle somme lui sera payée à la cloche reçue, … lesdits consuls ont promis audit Me Cruis tout le métal requis ... fournissant de plus toute la bourre (étoupe), le garbe (gabarit), graisse, fer, charbon, bois requis tous les jours et plus un homme pour travailler... » 

Le 26 Mai 1675 – « le consul Achard a payé pour dépense faite par le Sieur Curé, Châtelain, consuls et conseillers ayant tenu assemblée pour être donné à prix fait à Me Richard, fondeur de cloches de faire la grande cloche ..."

En 1692, le duc de Savoie avait mis le feu au clocher afin de récupérer le bronze des cloches. Il faudra plus de 50 ans aux habitants pour financer l’achat de deux nouvelles cloches. Elles furent mises en place le 15 août 1751 : « Le quinzième du mois d'août 1751, j'ay remis deux cloches à St Crépin, l'une pesant treize quintaux et quelques livres, l'autre huit quintaux, assisté d'un concours du peuple et de Mr Fantin, subdélégué de l'Embrunais - on pourra lire la devise et les noms sur lesdites cloches - Doultre, Prieur, curé. »

Plus tard la Révolution exigera de la municipalité la réquisition des cloches afin de les fondre pour faire des canons pour les armées de la République. Une seule cloche devait subsister par commune afin de sonner le tocsin en cas d’attaque ennemie ou d’incendie. Ce qui fut fait. «  ... Avons requis de suite le corps municipal de faire partir dans les plus court délai les trois cloches qui sont de superflu dans la communauté ... ». On sait que toutes les cloches du canton furent rassemblées au Plan de Phazy pour être fondues.

En 1807, les paroisses sont reconstituées. Les habitants du Guillestrois s’empressent de demander le rétablissement du culte et les Saint-Crépinois commandent deux cloches à Vincent Gautier de Briançon, l’une pour l’église, l’autre pour la chapelle des Pénitents. Elles sont baptisées le 14 juin 1807.

Généralement un baptême de cloches donne lieu à une grande cérémonie et c’est au parrain et à la marraine d’offrir le « banquet » à la population. En dehors des autorités, les Saint-Crépinois vont donc choisir comme parrain et marraine des personnes solvables.

Pour l’église, la cloche porte la mention : « ST CREPIN PRIEZ POUR NOUS, François Antoine ALBRAND Parrain, Rose Victoire PONS Marraine, Etienne Louis Eymar, Etienne Achard fils, Prieur(s) du Très St Sacrement, André Albrand Maire, Jean Feuillassier Adjoint. GAUTIER m'a fait le 14 juin l'an 1807 »

Qui sont ces personnages ? François Antoine Albrand fait partie des commerçants du lieu (boulangerie et forge) et des autorités (conseiller). Rose Victoire Pons est la femme du notaire, Me Roux-Durraffourt et elle la fille de Jean-Joseph Pons de Saint-Clément, notaire et Jeanne Marie Bonnardel-Argenty, elle-même fille de notaire.

Pour la chapelle des Pénitents on a choisi « SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM (Que soit béni le nom du Seigneur) Jean BERNAUDON fils Jacques Ex Lieutenant de la 18ème  de Ligne Parrain, Françoise Angélique ANCELLIN Marraine,  Jean Pascal Recteur, Jean-Louis Palluel Vice-recteur de la Confrérie des Pénitents, André Albrand Maire, Feuillassier Adjoint, GAUTIER m’a fait le 14 Juin 1807 »

Jean Bernaudon est un militaire qui après avoir servi dans les armées napoléoniennes sera tué au siège d’Alger en 1830 (à Sidi Ferru exactement). Quant à Françoise Angélique Ancellin, elle est la fille de l’aubergiste, elle-même aubergiste, autant de titres qui peuvent servir pour un repas de campagne !

Il demeure que ces cloches pèsent environ 300 et 200 kilos, qu’il a fallu les transporter, les hisser dans leurs clochers respectifs ce qui a demandé beaucoup d’efforts de la part des volontaires et on comprend qu’une fête ait clôturé cette cérémonie religieuse et populaire.

 

Agenda - janvier 1307                                                     Publié en janvier 2007

Il y a 700 ans : l'hospice de Saint-Clément a ouvert ses portes

Depuis quelques jours les voyageurs effectuant le trajet de « Bordeaux à Jérusalem » ou plus simplement de Provence en Italie ont trouvé un relais de plus. C'était bien nécessaire car, entre Embrun et Briançon, seul l'hospice de Saint-Jean à l'Argentière pouvait les accueillir.

 

Croix de Malte

Comme les autres il est tenu par les frères hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui ont succédé aux Templiers ou par les frères de la Madeleine.

Les voyageurs, pèlerins, commerçants trouveront là à la fois un hôtel pour une nuit ou deux, un hôpital où ils pourront recevoir quelques soins et un hospice pour les malades. Ils auront une paillasse, un bol de soupe et un morceau de pain. 

Pour les voyageurs circulant en rive droite de la Durance, c'est un relais de plus. Mais c'est surtout pour ceux qui se rendent de Provence en Queyras ou à Vars que ce relais est intéressant. En effet le pont de Saint-Clément, comme tous les autres est régulièrement emporté par la rivière. 

La traversée de la Durance même sans monture est une expédition et si on doit faire traverser des bêtes chargées c'est un risque considérable. Les frères font de leur mieux pour entretenir le passage et les voyageurs peuvent ainsi se reposer quelques jours pendant les travaux. S'ils passent, on les accueillera à Guillestre près de la porte du Saint-Esprit

Quant à ceux qui veulent se rendre, par la rive gauche de la Durance, à Saint-Crépin, la Roche ou la Bessée, ils devront encore franchir le Guil au pont Sainte-Marie. Ils trouveront l'hospice de Notre Dame de Calmes, puis l'hôpital de Saint-Crépin, après quoi le trajet sera tranquille jusqu'à Briançon, ville d'accueil et de là jusqu'à l'hospice du Mont Genèvre.

 

 

 

 

Agenda – décembre 1706                                                    Publié en déc 2006

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 Il y a 300 ans le 6 décembre 1706 

 Nous sommes en pleine « mini période glaciaire » , ce grand froid qui durera 20 années (1690-1710), provoquera 1,5 million de morts en France, la perte des récoltes, la famine et le désespoir des populations. Le froid a détruit les vendanges : les consuls de Guillestre ont fait une requête à l‘Intendant pour obtenir « un soulagement, eu égard aux ouvriers fournis aux travaux de Montdauphin et à la tempête qui a emporté entièrement la vendange de l’an 1704 et l’a gelée en 1705 … » . De plus, les pluies torrentielles de novembre ont emporté tous les ponts.

 


 

Pont en bois sur le Guil

Mais les militaires exigent des communautés la reconstruction des ponts : Guillestre, Risoul, St-Crépin et Eygliers devront reconstruire le pont Sainte Marie. Il doit son nom à la proximité du monastère voisin « Notre-Dame de Calmes ». Il est décidé de donner à prix-fait (au forfait) pour 75 £, ce travail à Esprit et Pierre Eymar de Risoul, avec mission de créer un pont « sur lequel les chevaux et charrettes puissent librement et sûrement passer » .

Le 6 décembre un autre prix-fait est donné par Guillestre et St-Crépin à François Crévolin et Claude Michel pour « construire le pont de Pierre (à la Maison du Roi), vulgairement appelé tel, en bois, où il était l’année dernière et aux mêmes formes, et en manière que les chevaux et mulets puissent librement et sûrement passer, dans l’espace de 20 jours, pour le prix et somme de 100 £ »

 

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Agenda – Novembre 1606                                                   Publié en Nov 2006

A cette époque, les communes actuelles d’Eygliers et Saint-Crépin ne forment qu’une seule communauté, sensiblement plus étendue qu’actuellement.

Les paysans doivent payer à leurs seigneurs des redevances importantes en nature (blé, vin, agneaux, cire, noix, partie de gibier, …) et en argent (cens, droits sur les ventes, sur les pâturages, …).  Par un acte de novembre 1606, l’un des seigneurs (Bertrand de Morges) vend tous ses droits aux habitants de la communauté. Ceux-ci sont représentés par les 4 consuls et les huit conseillers. La vente concerne tous les droits sur 97 parcelles, les bâtiments, les chalets de montagne et les alpages. Le prix est arrêté à 27000 livres payables en 3 fois. L’acte est rédigé par Me Saurel de Risoul en présence de nombreux témoins.

Les seigneurs sont las de devoir gérer les comptes des redevances et de vivre à la campagne. Ils veulent vivre comme les autres, en ville, entourés de gens de leur milieu. Ceci explique les ventes qui se font à l’époque.

Cet acte est d’une importance considérable pour la population locale : d’autres suivront. Ils marquent la fin de l’emprise féodale sur le canton. Mais l’archevêque, seigneur majeur persistera jusqu’à la Révolution.

 


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